Trottinette électrique : l’assurance est obligatoire, et les sanctions ne plaisantent pas !
Avec plus de 3 millions de trottinettes électriques en circulation en France et 700 000 unités vendues en 2025, l’engin s’est imposé comme un mode de déplacement du quotidien. Pourtant, une grande partie des utilisateurs ignorent encore une règle fondamentale : rouler sans assurance est illégal, et les conséquences peuvent être lourdes.
Une obligation légale qui ne souffre aucune exception
Depuis le décret du 23 octobre 2019, les trottinettes électriques sont classées parmi les engins de déplacement personnel motorisés (EDPM). À ce titre, elles tombent sous le coup de l’article L211-1 du Code des assurances : une couverture en responsabilité civile est obligatoire, quelle que soit la vitesse de l’engin. La vitesse maximale autorisée sur la voie publique est fixée à 25 km/h, et la circulation sur les trottoirs reste interdite, sauf exceptions locales.
En agglomération, les conducteurs doivent emprunter les pistes cyclables ou, à défaut, les chaussées dont la limite est de 50 km/h. Depuis janvier 2026, une directive européenne (2021/2118) impose en outre une couverture RC harmonisée dans l’ensemble de l’Union européenne : un point à vérifier si vous utilisez votre trottinette à l’étranger.
Pour bien cerner les contours d’une assurance trottinette électrique, il est utile de comprendre ce que couvrent exactement les différentes formules disponibles sur le marché.
Des sanctions réelles et une accidentologie qui s’aggrave
Circuler sans assurance expose à une amende forfaitaire de 500 €, susceptible d’atteindre 3 750 € sur décision judiciaire, auxquels peut s’ajouter la confiscation de l’engin. En cas d’accident, l’utilisateur non assuré devra indemniser lui-même les victimes, sans filet. Le Fonds de Garantie des Assurances Obligatoires (FGAO) aurait déjà engagé des poursuites contre plus de 15 400 conducteurs d’EDPM non assurés.
La prudence n’est pas abstraite : 45 personnes ont perdu la vie sur une trottinette électrique en 2024, un chiffre qui a plus que quadruplé depuis 2019. Entre avril et juin 2025, la mortalité des usagers d’EDPM a bondi de 57 % par rapport à la même période l’année précédente. Dans l’Hérault, le nombre d’accidents a doublé en un an (50 en 2024 contre 23 en 2023), dont quatre décès.
Des formules accessibles dès 5 euros par mois
Face à ces risques, le coût d’une assurance reste modeste. Les offres de base, couvrant la responsabilité civile, s’affichent à partir de 3 à 5 euros par mois. Une formule tous risques incluant le vol, l’incendie ou le vandalisme grimpe à 20-30 euros mensuels selon la valeur de l’engin. Certains contrats intègrent également une garantie corporelle du conducteur, avec des plafonds pouvant atteindre 500 000 euros.
Mis en perspective avec une amende maximale de 3 750 euros ou le coût d’un sinistre corporel, quelques euros mensuels font figure d’investissement raisonnable. La question n’est pas vraiment de savoir si on prend une assurance, mais plutôt quelle formule correspond le mieux à son usage.
